Illustration de l’article « S’enrichir de son silence »

S’enrichir de son silence

Un billet écrit en 2018, sur une habitude que je n’ai jamais regrettée d’avoir prise.

Le silence du dirigeant est un outil que l’on sous-estime. Commençons par un principe de bon sens : plus je parle, plus je risque de dire une bêtise. Donc plus je me tais, moins j’en dis. C’est trivial, mais ce n’est que le premier bénéfice, et le moins intéressant.

Le deuxième est plus utile. Quand je parle, je ne parle que de ce que je connais déjà : mon discours ne fait que refléter mon propre point de vue. En termes d’enrichissement personnel, le rendement est nul.

Ce que le silence du dirigeant provoque chez l’autre

La nature ayant horreur du vide, c’est l’interlocuteur qui se met à parler. En me taisant, je laisse un espace qu’il s’empresse de combler, et je lui consacre du temps et de l’attention.

Encore faut-il éviter le piège des réponses qui ramènent à soi : « moi aussi », « j’ai connu », « je sais ».

Un exemple. Mon interlocuteur me parle de son dernier déplacement professionnel à Toulon. J’enchaîne du tac au tac : « Ah oui, je connais bien, j’y vais régulièrement. » En disant cela, je ne suis plus à l’écoute : je ramène la conversation à moi.

Si au contraire je remplace mon commentaire par une question directement liée à ce qui vient d’être dit — « qu’avez-vous vu à Toulon ? », « pourquoi avoir choisi Toulon pour prospecter ? » — alors je me place en position d’apprendre.

C’est une habitude à changer, et elle demande un effort réel : s’obliger à poser une question plutôt qu’à placer sa propre expérience. Pour acquérir un savoir, il faut payer de l’attention multipliée par du temps. L’expression anglaise est d’une justesse remarquable : pay attention.

Le troisième bénéfice du silence pour le dirigeant

Pour un dirigeant, le silence donne aussi le temps de la réflexion. Un temps qu’on n’utilise presque plus, dans un environnement d’outils sociaux qui pousse à réagir immédiatement, sans analyser le fond du sujet. Prenons ce temps : il est nécessaire.

Les anciens le savaient déjà. « La parole est d’argent mais le silence est d’or. » « Qui ne sait se taire ne sait dire. » « Si la parole que tu vas dire n’est pas plus belle que le silence, ne la dis pas. » Et celle que je préfère : nous avons deux oreilles et une bouche, c’est pour écouter deux fois plus que nous ne parlons.

Pour approfondir : les soft skills du dirigeant et la créativité en entreprise.

En bref : vos questions

FAQ de l’article

Pourquoi un dirigeant gagnerait-il à parler moins ?

D’abord parce que plus je parle, plus je risque de dire une bêtise. Ensuite, parce qu’en parlant je ne fais que refléter mon propre point de vue : le rendement est nul. En me taisant, je laisse un espace que mon interlocuteur s’empresse de combler, et c’est lui qui m’apprend quelque chose.

Lire l’article : Les soft skills du dirigeant →
Comment écouter vraiment sans ramener la conversation à moi ?

En évitant les réflexes du type « moi aussi » ou « je connais bien ». Mieux vaut remplacer son commentaire par une question directement liée à ce qui vient d’être dit. C’est une habitude à changer, qui demande un effort réel : pour apprendre, il faut payer de l’attention multipliée par du temps.

Le silence a-t-il un intérêt pour la prise de décision ?

Oui, c’est son troisième bénéfice : il donne le temps de la réflexion, alors que nos outils sociaux poussent à réagir immédiatement, sans analyser le fond du sujet. S’accorder ce temps est nécessaire. Comme le dit l’adage que je préfère, nous avons deux oreilles et une bouche pour écouter deux fois plus que nous ne parlons.

Lire l’article : Créativité en entreprise : mûrir une idée →

Votre question n’y est pas ? Réserver un appel découverte ou appeler le +33 622 420 420.

Publications similaires